C’est quoi la transformation digitale ?

1 an ago
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Lorsqu’on parle de transformation digitale, beaucoup présentent cette idée comme une modification de media ou de canal de diffusion.

Sur des sites de définitions des terminologies du web, on peut par exemple trouver une description du type : « Désormais votre site web est la plateforme principale par laquelle votre entreprise va communiquer avec ses clients et, de manière générale, son audience. »

Mais si ça se limite à ça, alors pourquoi on en parle autant ?

C’est vrai, on ne compte plus les articles qui évoquent la transition numérique, la digitalisation des entreprises, ou même qui annoncent la « quatrième révolution industrielle » (Klaus Schwab).

Aujourd’hui, je vous propose d’explorer pourquoi c’est vrai, à quoi il faut s’attendre et pourquoi c’est plutôt une bonne nouvelle.


Si on parle beaucoup de la digitalisation c’est parce qu’elle a un effet spectaculaire.

Au cours des dernières années, de toutes jeunes entreprises se sont rapidement imposées dans des secteurs dont le leadership était jusque là relativement peu contesté: C’est par exemple le cas de Uber, Air BnB, Spotify, Netflix ou encore BlaBlaCar

Dans la littérature spécialisée, on parle de « unicorns » : des startups non cotées en bourse qui sont valorisées à plus d’un milliards de USD.

Une caractéristique commune de ces startups c’est qu’elles ont su se positionner sur des marchés en création.

De fait, c’est généralement là que se concentrent les meilleures opportunités pour les jeunes entreprises, parce que c’est là où on peut trouver des demandes pour lesquelles il y n’a pas encore d’offre.

L’autre atout de ces startups est d’avoir pu bénéficier à la fois d’un fonctionnement social permis par internet (network effect) et de l’automatisation informatique permettant de réduire drastiquement les coûts RH, de capter pratiquement toutes les part d’un marché et de faire du profit avec de très faibles marges.

En fait, à y regarder de plus près, l’automatisation et la numérisation révèlent un même aspect de l’économie : l’évolution technique qui suit un cycle pratiquement ininterrompu depuis le 12ème siècle.

Chaque nouveauté permet des possibilités inédites qui vont engendrer de nouveaux comportements et besoins, générer de nouveaux marchés (sur lesquelles la nécessité de différenciation est un moteur de développement technologique) et de nouvelles formes de capitalisation (càd le type de ressource accumulée pour appuyer sa présence économique), et aboutir à de nouveaux outils et de nouvelles possibilités.

Et à chaque étape, on observe un déplacement du centre de gravité économique qui demande un ajustement de la part des acteurs positionnés sur les marchés existants.

Les évolutions de ces dernières décennies, dans la cadre de la numérisation et de la dématérialisation de l’économie, illustrent très bien ce cycle:


1) matériel

Dans les années ’70, des entreprises sont déjà positionnées sur le marché des machines de calcul .

Pour pouvoir les programmer facilement, il faut disposer d’un système d’exploitation.

Et la miniaturisation va conduire à la création de microprocesseurs, pour aboutir à l’ordinateur personnel et au marché qui en découle.

2) logiciel

Dans les années ’80, avec les PC et les OS, des entreprises se spécialisent dans le développement logiciel.

Ce qui renforce la demande de numérisation de documents et de capacité de stockage.

On voit l’apparition des logiciels libres et l’augmentation du besoin d’échanger les données: c’est l’avènement des réseaux informatiques.

3) réseaux

Les années ’90 marquent les débuts de l’utilisation de ces réseaux par le grand public: ARPANet, Minitel, BBS. Qui profite à de gros acteurs actifs dans le domaine du matériel réseau et telecom.

Le transfert de données à grande distance devient possible et augmente aussi le besoin de protection contre les « virus ».

Les systèmes d’information qui proposent des annuaires, actualités ou banques d’images, bénéficient aux opérateurs de téléphonie et aux logiciels de traitement numérique.

Ce sont les prémices d’un réseau informatique mondial.

4) internet (réseaux interconnectés)

Les années 2000 voient l’avènement du World Wide Web. De nouveaux acteurs se sont positionnés sur des offres de hosting, de logiciels de navigation, et de peer-to-peer.

Les progrès entraînent une diversité de petits appareils électroniques dont la téléphonie mobile et des supports numériques natifs.

L’augmentation des données accroît les besoins de stockage et de recherche d’information performante.

Le nombre croissant d’utilisateurs, crée des besoins pour des outils de de communication, de promotion; et d’interactions sociales.

5) cloud (réseaux distribués)

Dans les années 2010, le cloud dévoile un nouveau type d’offres : en-ligne et à la demande; on assiste à une virtualisation des composants et à la généralisation des APIs

Les appareils utilisés se diversifient et le streaming s’impose.

De nouvelles tendances apparaissent comme l’intelligence artificielle, la mobilité électrique, les drones, et l’impression 3D.

Cette décennie révèle à la fois les premières startups « licornes » démarrées dans les années 2000 et l’avantage que procure l’exploitation d’immenses quantité de données.

6) réalité augmentée

Les années 2020 annoncent des technologies d’augmentation qui arrivent à maturité, comme les assistants digitaux ; la gestion IoT et domotique; les appareils de réalité augmentée; les monnaies électroniques; l’utilisation de l’ADN pour stocker les données; et les nano technologies.

Des entreprises sont déjà positionnées sur pratiquement toutes ces technologies qui marquent l’entrée dans l’ère de l’intelligence artificielle.


Évidemment il s’agit d’une version simplifiée voire caricaturale de la réalité, car les évolutions sont loin d’être aussi linéaires:

chaque nouvelle technologie peut se combiner avec une ou plusieurs autres: antérieures, postérieures ou un assemblage des deux; et donc produire un nombre virtuellement infini de combinaisons possibles.

Quoi qu’il en soit, il est désormais clair que nous évoluons et allons continuer à évoluer dans un contexte digitalisé (c’est à dire, dans lequel l’écrasante majorité des flux d’informations sont nativement numériques) et cela implique des changements.

Principalement dans la manière de concevoir les choses : l’informatique n’est plus un outil, mais un support omniprésent

Dans un article du blogdumoderateur.com, Cyrielle Maurice résume très justement la nuance :

« La transformation digitale n’existe pas, il s’agit d’une transformation culturelle dans un monde digital »


Conclusion

La réalité que revêt le terme de transition digitale peut être perçu comme une contrainte.

Après tout, la peur du changement est inscrite dans les gènes humains: notre survie en tant qu’espèce est probablement liée à notre tendance à éviter l’inconnu et les situations d’imprévisibilité.

Mais avec le temps, tout contexte fluctue – parfois par à-coups violents – et on sait que les espèces qui survivent sont celles qui sont le mieux adaptées à un changement qui s’opère.

On sait également que c’est vrai d’un point de vue économique :

En 2015, l’American Enterprise Institute soulignait le fait que seulement 12% des 500 plus grandes entreprises de 1955 étaient toujours en activité.

Only 12% of the Fortune 500 companies from 1955 remain Fortune 500 companies today (Source : American Enterprise Institute, 2015).

Or, au cours des dernière décennies, on observe que, le changement s’accélère, devient permanent et se présente dans tous les domaines. Pas seulement technologique mais aussi : économique, énergétique, climatique, démographique, …

Le corollaire de ce fait est l’impossibilité d’anticiper les évolutions à moyen et long termes.

Mais je vous avais promis une bonne nouvelle. Alors la voici : la finalité de l’enjeu de la transformation digitale est bien une valeur humaine (destinée à l’Humain) :

Être contraints d’améliorer notre agilité, c’est-à-dire adopter une posture qui permette de rebondir quelque soit les changements, est une magnifique opportunité pour mettre en place des modèles humains résilients !

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